Le moment tant attendu arrive, le genre de matchs que les fans des deux camps cochent dès la parution du calendrier, histoire de prendre ses dispositions pour être prêts le jour J. Pas de vacances, pas de séjours à l’étranger, car on ne peut rater ce classico. Bien le terme peut paraître inapproprié, ce mot claque bien. Tout le monde sait que le classico reste et restera la confrontation entre le real de Madrid et le barça. Mais en fait, c est une métaphore qui veut dire que le match est important, très important, focalisant toutes les attentions.
Le match est programmé dimanche soir, c’est déjà çà, car à 17 h 00, cela n’aurait pas été possible. Du moins à condition de faire des compromis, mais voilà, le classico se déroulera en soirée.
Juste après le match du dimanche après midi, on file vers le Parc. Chemin faisant, on recherche un moyen de manger rapidement avant d’arriver au stade, une boutique d’alimentation générale fera l’affaire. La route est clairsemée de voitures, les bouchons commencent, on prend l’itinéraire bis, histoire d’arriver, non pas à l’heure mais bien assez tôt. Car, on l’a compris, PSG-OM n’est pas un match comme les autres, il attire du monde, énormément de monde donc les places de stationnement sont chères. On arrive sur la zone mais horreur, le quartier est transformé en bunker, à cause de la phobie d’incidents et les barrages sont légions, on ne peut passer, il faut faire le tour. Heureusement que l’on connaît le quartier par cœur et hop, rue parallèle et on tourne à gauche, malgré le sens interdit, on trouve la place idéale, marche arrière, car il faut se mettre dans le bon pour ne pas narguer les policiers.
On se prépare, il ne faut rien oublier, et on se dirige vers le stade. Premier constat, plusieurs groupes parisiens tournent à la recherche de marseillais isolés. Deuxièmement, les barrages piétons obligent de faire tout le grand tour. Finalement, on a bien fait de venir tôt.
On atterrit devant le métro Porte de Saint Cloud, et comme par hasard, on rencontre Mr Wi et Mr JL n’est pas loin puisqu’il sort de la bouche de la station. Une rumeur chemin faisant faisait état d’une défaite surprise des gones à domicile. Ainsi, en cas de victoire, le PSG prendrait les rênes de la Ligue 1. Elle est aussitôt confirmée par les deux compagnons de voyage. La pression monte, car le match revêt maintenant un intérêt capital. On se sépare car il faut que l’on aille manger son traditionnel sandwich. Il y a la foule des grands soirs donc on attend son tour. Les emplettes faites, on se dirige vers la tribune, on se dirige vers le stade jouxtant le Parc pour déposer la canette interdite dans l’enceinte des Princes. On La dépose dans un coin et ensuite, on pénètre dans Auteuil, les resquilleurs sont à l’affût mais les stewards demeurent en vigilance extrême. On passe à la fouille et la tension est à son comble, deux personnes se battent devant, échanges de coups entre un supporter et une personne chargée de la fouille. Situation cocasse, première fois que l’on assiste à ce genre de scène. Mais, quoi de plus normal, c’est PSG/OM !
Les tribunes sont déjà combles, il y a sûrement une double billetterie. On s’installe et maintenant, place au spectacle, place au match, place au classico…
PLG a disposé son équipe innovante, un 4-4-2 à plat où Luyindula évolue en milieu droit derrière un duo Hoarau Giuly.
Les visiteurs sont venus en nombre, ils occupent les deux étages, la tension monte et les chants aussi, le son devient assourdissant à rendre sourd. Le spectacle est dans les tribunes, un nuage de fumée envahit, il flotte dans l’air et incommode le stade.
Et pendant, 7 minutes, on a rien vu du match, le temps de la dissipation et ce que l’on découvre fait peur, les marseillais monopolisent le ballon et sont déjà à l’assaut des buts de Landreau. Bon, cela ne va pas être simple. Et ce qui devait arriver arriva, l’ouverture du score par Zenden. 0-1, dans un silence de cathédrale, les fans marseillais exultent mais la rage reprend le dessus et les fans de Paris reprennent espoir, il faut continuer à les encourager : chacun son travail, eux sur le terrain et nous dans les tribunes !
Les difficultés parisiennes sont flagrantes, mauvaises passes, déchets techniques malgré l’envie. Et soudain, l’espoir renaît grâce à Giuly, qui égalise. Et le stade s’embrase comme jamais. En y repensant, ce sentiment de jouissance, de délivrance dans un stade c est uniquement lors de PSG-OM, c’est bizarre, du moins le top cinq des plus grandes émotions.
L’arbitre renvoie les 22 acteurs aux vestiaires. Ouf, 1-1, c’est encore un bon résultat, il faut éviter de perdre laissant les visiteurs à trois points derrière. Mais vu la physionomie du match, c’est loin d’être une certitude.
La mi temps se passe, elle est juste perturbée par des incidents entre les deux camps, l’intervention des CRS et les fameux jets de gazeuses vont régler l’affaire, tout rentre dans l’ordre.
Aux retours de la pause, PLG a effectué des modifications, un 4-3-3 afin de mieux occuper le milieu mais cette nouvelle organisation va sauter en l’air puisque Camara voit rouge, il est logiquement expulsé du terrain. Une nouvelle donne apparaît, évoluer en infériorité numérique, c’est le 1er carton rouge de l’année contre Paris et il a fallu que ce fait de match soit survenu lors du classico. C’est rude ! Et comble du malheur, sur le cou franc, les marseillais prennent l’avantage. 1-2 et cela devient mission impossible. Les fans de Marseille se réjouissent et on commence à les entendre de plus en plus et une troisième et dernier va sonner le glas des ambitions parisiennes de prendre la tête. Et ce n’est pas le 12 eme joueur, celui qui descendra des tribunes qui va changer quelque chose. Le match se finit donc par une victoire sans appel et sans forcer de Marseille. Cela fait mal aux culs de le reconnaître mais l’ennemi héréditaire mérite amplement sa victoire.
Le truc le plus bizarre est fait, c’est la ferveur des fans les plus aguerris du Parc, le noyau dur qui a continué à encourager les parisiens, dans d’autres circonstances, le stade aurait explosé depuis longtemps.
La pression étant sûrement trop forte, les parisiens se sont montrés tendus et empruntés, subissant la même mésaventure que les visiteurs lors du match aller. C’est l’arroseur arrosé !
Les joueurs
Landreau, impuissant
Céara, insuffisant
Camara, désespérant
Armand, satisfaisant
Luyindula, égaré
Makelele, déserté
Rothen, dépassé
Clément, fatigué
Hoarau, discret
Giuly, satisfait
Et le stade se vide à vitesse grand V, les flics sont toujours aux aguets et essayant de récupérer la boisson déposée avant le match, on constate que l’objet a disparu, ils sont trop bêtes d’avoir déjà nettoyés la rue.
On regagne sa voiture en faisant le tour par Boulogne, et on assiste à quelques scènes ordinaires de violence : jets de bouteilles sur les forces de l’ordre, …
On rentre vite fait tant la déception est immense mais on a du mal à trouver le sommeil. Tellement, mal partout que le lendemain, on rate son réveil et on arrive en retard au nouveau boulot. Dommage !
Et maintenant, place à l’Europe, à l’autre bout du monde et ensuite les travaux d’Hercule continue contre Toulouse.

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