Cr Bordeaux-PSG 11/01/09

Publié le par Mr O

 La soirée cauchemard...

 Il faisait sombre, la nuit était noire et blanche, surtout à cause du brouillard, on devait rentrer assez vite sinon le mobile n’arrêterait pas de sonner. Histoire de savoir à quel endroit exact, on se trouve. En fait, on n’en sait rien, le détour, itinéraire bis trouvé ressemble à un traquenard digne des plus grands classiques de films d’horreurs, route isolé, raccourci qui n’en finit pas, nuit et brouillard, étrange cocktail, il ne manquerait plus que l’auto stoppeur au détour d’un chemin, bref tous les ingrédients réunis pour passer une soirée cauchemardesque. Quand enfin, on retrouve la lumière de la civilisation, du moins la voie qui ramène vers la famille. Le PSG a chuté lourdement face à Bordeaux, une victoire avec éclat, clame haut et fort la radio, c’est une blague ou alors on a mal entendu les infos.

C’était juste un mauvais rêve ! On se réveille, en sueur, l’esprit ailleurs, sortant de la torpeur.On a un match à aller voir, non, c’est fini, bien fini et la cauchemar est bien devenu réalité !Tout a commencé 4 heures plus tôt, aux alentours de 18 h 00, on prend la voiture, seul, après de âpres négociations, la famille est dure en affaires. Petit montage vite fait, histoire de tester un cadeau de Noël, on branche le IPOD sur l’auto radio, et hop, c’est parti pour de la musique ininterrompue, on n’arrête pas le progrès.  C’est dimanche, et la route est dégagée, et c’est sans encombre que l’on arrive à Bordeaux, on repère vite les lieux que l’on connaît déjà mais en mode piéton, alors que en mode 406, c est moins facile. La donne du jour c est de trouver une place assez loin du stade, sans exagérer non plus. On tourne environ, 30 minutes quand soudain, au détour d’une rue, on trouve son bonheur. La place qui n’attendait plus que d’être prise. Hic, elle est assez éloignée de la terre promise stade, on prend ses précautions notant les rues prises pour trouver le grand boulevard qui mène au stade.

Il est plus de 20 h, plus le temps d’aller acheter des cannelets, pâtisseries excellentes, parait-il ! La foule commence à s’agglutiner, la présence des flics est aussi de plus en plus voyante, un hélicoptère tourne autour des rues avec un faisceau lumineux. On se croirait comme lors des émeutes urbaines de 2005. Ah, y a du avoir du grabuge la veille de match, comme le veut la tradition. La rivalité des supporters bordelais et parisiens est moins connue que celle contre notre ennemi commun mais elle a le mérite d’exister. Le dispositif de sécurité oblige tous les supporters bordelais à emprunter le boulevard, on en croise de nombreux, jamais on les a vus d’aussi près, en grand nombre.On s’arrête à un stand ambulant, histoire de manger car la nuit risque d être longue. Et on patiente tranquillement avant d’entrée dans le no man’s land parisien.Le petit encas terminé, on se dirige vers la tribune, tranquillement, et deux fouilles plus tard, on pénètre sur place, la tribune haute étant l’endroit où l’on voit le mieux. De toute façon, on attend pas de miracle à Bordeaux, dans la mesure du possible, perdre un point est déjà une bonne chose, repartir comblé par une victoire, on n’y croit pas trop, mais l’espoir fait vivre.

Le parcage est rempli comme jamais, un dimanche soir, match au sommet oblige, les troupes parisiennes se sont mobilisées en masse. Bien, les associations ne sont pas encore arrivées. Euh, tout le monde ne va pas tenir dans la tribune. Le coup d’envoi est proche, et c’est parti pour 90 minutes. On a juste retrouver Mr JL en ballade dans les coursives, ensuite Mr Fa et le Père, celui qui assiste souvent à des défaites parisiennes.L’ambiance est assez bonne, tout le monde y met du sien, cela chante, les drapeaux sont de sortie, bref, le parcage parisien répond présent.

PLG a aligné l’équipe habituelle. Pas de changement notoire.

L’entame de match est prometteuse mais l’occasion est ratée par Giuly et la réponse fait mal, un coup franc excentré fait mouche. 1-0 pour les Bordelais. Pas de réaction des parisiens, et les locaux intensifient la pression, celle-ci est récompensé par l’opportunité de Cavenaghi, qui double la mise, la messe est dite, c’est déjà fini ! 2-0 pour les Girondins. En fait, rien de bon à se mettre sous la dent pour le PSG face au jeu séduisant des locaux.

Le seul point positif, c est l’ambiance dans les tribunes malgré le score, les chants redoublent de puissance, avec l’arrivée envahissante des assoces qui investissent d’office le petit no man’s land à proximité.
Et le repos compensateur n’a pas arrangé les choses, décidément, rien ne fonctionne ce soir, le portier bordelais n’a presque rien eu à faire devant la maladresse des attaquants parisiens, paisible soirée pour lui. Face à cela, les bordelais maîtrisent le ballon, tellement qu’un but venu d’ailleurs va faire chavirer de bonheur le stade : Gourcuff nous gratifie de la roulette zidanesque et crochète un dernier défenseur avant de mystifier Landreau, impuissant. 3-0 et hop, c est lourd mais tellement logique. Et cela se termine sur un dernier but toute en décontraction, l’humiliation suprême sur le terrain. 4-0 pour les Girondins, plus que jamais candidat au titre.

Dorénavant, le PSG connaît l’écart qui le sépare d’un boss du championnat. Cette magistrale gifle doit servir de leçon, comment réagir après un lourd revers ? En gagnant tout simplement le match suivant, cela évitera de gamberger et qui se profile à l’horizon, le RC Lens pour un remake de la sulfureuse finale de la dernière CDL où un bout de tissu a beaucoup fait de lui. Pas besoin de motiver les troupes après tout le tapage médiatique concernant cette affaire qui n’aurait jamais eu lieu d’être !

Pendant tout la débâcle, les supporters ont répondu présents, chantant malgré l’ampleur du score, la petite récompense, les remerciements des joueurs à la fin de la partie malgré la défaite humiliante. Et les échanges de chambrages et d’insultes n’ont pas fait avancé les choses, le public bordelais est très versatile, il a attendu 4-0 pour lancer une ola, quand même !

Les joueurs
Il est difficile de les noter dans la prestation a été désastreuse voire honteuse. Mais on va tout de même tenter de commenter leurs prestations individuelles.
Landreau, seul au monde
Cearà, perdu de vue
Camara, le corniaud
Traoré, l’impasse
Armand, le meilleur
Makelele, mais où est donc passé le grand Claude ?
Clément, le passage à vide
Sessegnon, le prodige endormi
Rothen, Casper
Giuly, âme en peine
Hoarau, le fantôme de la nuit

On quitte le stade assez rapidement et on veut profiter d’un raccourci, mais les flics aux aguets ne se laissent pas démonter quadrillant le terrain, pas de fuites possibles. On a déboule à plusieurs dans une ruelle mal éclairée, les flics sont peu et la foule gronde car elle désire passer, comme d’habitude, ils ne doivent pas avoir l’habitude voir autant d’indépendants.
Ca sent la charge, et les fumigènes sont de sortie mais rien ne se passe, on rebrousse chemin pour emprunter une autre ruelle où l’on passe sans encombre. On regagne la voiture avec un passager en sus, Mr JL qu’il faut déposer à l’hôtel, et après une erreur de casting, les rues se ressemblant toutes, surtout la nuit. On retrouve la 406, il est tard et le chemin vers la gare est facile à trouver. Il est minuit passé, il faut rentré, la suite, on la connaît…
Il faisait sombre, la nuit était noire et blanche….
 

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