Cr Caen-PSG 04-05

Publié le par Mr O

CAEN :

Un match en pleine semaine ne nous rebute point et c'est pourquoi nous décidons d'aller rendre visite à la Normandie, heureusement que le déplacement est cours car sinon pas de présence à l'extérieur. Caen a changé de stade et la ville a décidé de rendre hommage à son ancien maire, décédé accidentellement (je vous raconterais la légende de sa mort si vous êtes gentils : c'est mal barré !) en le nommant  le stade Michel d'Ornano. Mais je reviendrais sur ce lieu de rencontre sportive.Cette semaine, pas de changements à faire quant aux horaires de travail, j'ai la chance de commencer à 6 heures, c'est super. Il est évident que je ne pense qu'à une seule chose (non pas à ce que vous pensez, désolé), que le temps passe vite car mon esprit est déjà ailleurs. Oui, il vogue déjà vers le ciel normand. Même mon chef d'équipe n'arrive pas à me faire sortir de ma torpeur . sauf quand il évoque les propositions de dates pour les congés d'été. Aussitôt demandé, aussitôt fait ! Et dire qu'il s'était moqué de moi quand j'ai déposé dès le mois de septembre le solde de mes congés qui me permettront d'assister à ASSE-PSG et LYON-PSG au mois d'avril prochain. Il me reste d'ailleurs que deux jours dont un a prendre
très rapidement. Le collègue fou du PSG sait que je vais assister au match, comme d'habitude, il me demande mon pronostic : une victoire ou un nul serait bien ! L'heure approche et les quolibets des autres collègues arrivent à mes oreilles, ce sont les mêmes que d'habitude, d'ailleurs, Bruno le marseillais commence à prendre le pas sur nos échanges verbaux car je n'arrive plus à remporter la manche étant à court d'idées, il est vrai qu'il faut préciser que PSG ne m'inspire plus comme auparavant et plus le championnat va avancer, plus cela sera dur, c'est mon petit doigt qui me le susurre à l'oreille et tout le monde sait qu'il connaît beaucoup de choses (du moins la réalité). Même, Jean-Marie, le cousin de Dymem', d'habitude si réservé s'y met. Tout cela est frustrant mais je sais faire abstraction de ses moqueries ironiques à souhait car je sais que le vent tournera bien un jour, hier quand Paris a fini deuxième, on entendait personne et aujourd'hui, quand l'équipe n'avance pas, je vous laisse deviner la suite et demain, sera un autre jour car mon petit doigt, vous connaissez la suite.C'est l'heure, passage à la machine à cochonnerie, un café, et on fonce se
changer dans le vestiaire. Et direction, le lieu de rendez-vous, la station service de Flins. La route est dégagée, cela faisait longtemps que je n'avais pas emprunté ce chemin : Aubergenville et sa zone industrielle, de multiples souvenirs enchanteurs (désolé c'est secret défense, je ne suis pas autorisé à donner des précisions). J'arrive tranquillement et je dépose la voiture à un point très précis où je suis sûr de la retrouver ce soir : la première rue du village d'à côté, devant la fleuriste. Et, je regagne à pieds le lieu précis du rendez-vous. Miracle, l'étroite 106 est déjà sur place, à peine installé, on décolle pour une nouvelle mission pour le seigneur. Amen. L'autoroute nous emporte vers Caen pour assister à un simple match de football. Pendant le périple, on parle toujours pour ne rien dire : comme d'habitude. On feuillette le magazine 100% PSG chacun notre tour pour voir des photos du boulet à Chelsea. Quand soudain, je décide de faire à Mme Ma un petit questionnaire de Proust : et,  c'est le drame ! Normalement quand on est soumis à ce genre de propos, les réponses dictent la personnalité des sondés et c'est pourquoi, il faut y répondre de façon ironique sous peine de subir une analyse pertinente de ses propos. Ex : si on te demandes si tu portes un slip ou une culotte, il faut répondre à l'envers : non, je ne porte rien comme ça, je suis toujours prêt. ou sinon, je porte un string, les filles adorent cela, on peut  aisément caresser mes belles fesses. voilà, le genre de réponses qu'il faut donner.
Et, Mme Ma, qui doit sûrement ignorer le bon vieux Marcel, ne comprend pas mes propos, c'est sûr, de mémoire, je vais essayer de relater la scène :
-« Tiens, si on faisait un petit questionnaire ! »
- «  Ouais, Ok, vas-y !  »
- «  En vrac (c'est le titre, il faut le préciser pour comprendre), cool ou
pas cool ? »
- «  Cool ! »
-«  Culotte ou slip (j'ai hésité à poser la question car c'est un point de
vie intime) »
-« C'est quoi, ces questions à la con, (après une dubitative hésitation),
en vrac ! »
- «  l'amour ? »
- « ??? » Pas de réponses.

En fait, elle s'explique le pourquoi du comment, elle pensait qu'il fallait répondre en vrac ou cool. Et, un fou rire a pris Miss C. comme rarement je l'ai vue comme cela. Tout le monde sait que ces instants de joie sont communicatifs et un fou rire général s'empare de toute la voiture sauf le boulet qui sait tout mais qui a souvent un métro de retard. C'était limite à faire dans sa culotte, son caleçon, son string ou rien du tout ! C'est la dernière fois que l'on rigole car la suite sera d'un autre acabit.D'ailleurs, on s'arrête dans une pauvre station service, style ancienne RDA, elle est tellement nulle que j'ai du mal à trouver les toilettes au fonds à gauche en sortant de l'ascenseur. Restauration et détente rapide brèves car le temps passe et le boulet est constamment pressé, à toujours réclamé un départ sur les chapeaux de roue. En sortant de ce lieu de repos, j'aperçois quelques hools, merde qu'est-ce qu'ils font là, leur présence m'étonne quand on sait que des mesures anti-hools ont été prise à grande échelle : en effet, la presse a annoncé un dispositif sans précédant, la ville est transformé en gigantesque bunker. Ils n'ont sûrement pas dû donner leur carte, ce n'est pas possible ! Ils vont réussir à contourner
tout ce dispositif.On continue sur la route. La présence des hools, intrigante à souhait, nous entraîne sur la question du dispositif de sécurité digne de la visite d'un important chef d'état. C'est vraiment abusé de mettre autant de forces de l'ordre pour un pauvre match de football surtout en pleine semaine (à  18 h) car la migration des parisiens sera moindre. Et, le boulet prend la décision de sortir 50 km avant la sortie pour éviter toutes ces imbécillités. J'aurais opté pour le contraire sachant qu'un dispositif de grande ampleur avait été mise en place, je serais passé par derrière car il y a toujours une faille, en l'occurrence une venue du côté normand ! Ainsi, mal lui en a pris car dès le premier rond point, on constate la présence de gendarmes qui arrêtent de multiples véhicules, ils pensent faire les malins en arrêtant beaucoup de monde, mais nous, dans notre fort intérieur, on sait pourquoi, ils sont présents. Donc, bingo, nous sommes contrôlés, tous les occupants du véhicule sont sommés de présenter une pièce d'identité. Cet arrêt est consécutif de la mauvaise réputation des fans parisiens et des mesures répressives mises en  place par le nouveau Mr Sécurité. Bientôt, on aurait droit à une fouille dès notre sortie de la capitale avant de se rendre chez les paysans, histoire de voir si on n'a pas pris
nos valises pour nous installer chez eux. Non, messieurs, on vient juste voir un simple putain de match. On repart après cette humiliante opération gratuite des forces de l'ordre. On n'a rien à se reprocher, je n'ai pas tué Jack Kennedy, quoique ??? Avec toutes les simulations de j'ai faite, j'ai toujours l'impression d'avoir participé à cette conspiration du silence. Le sujet jusqu'à la fin du voyage résume notre sentiment général, on est tous frustrés et dégoûtés de ce système mis en place. C'est sûr, il faillait réagir mais les mesures sont exagérées par rapport au cas précis :
éradication de la violence autour des stades.On arrive finalement dans les faubourgs de la ville, on passe à proximité du radar automatique, autre moyen disproportionné pour mettre fin aux
nombres élèves des décès sur la route. On se gare après mes indications pour trouver le stade (que Dieu bénisse Internet et ses trésors), un peu loin mais le boulet a choisi et on se plie à ses directives comme quand il  a pris la décision de sortir avant l'heure. On s'achemine vers le lieu de réjouissance d'un soir et au moment de passer le premier et unique barrage, les flics du coin nous indique que notre tribune sera la cage vers la gauche. On avait bien compris qu'un parcage nous était réservé. Et, le flic insistait sur le mot cage. La suite nous aidera à comprendre. Pendant le court trajet, on assiste à une scène surréaliste, des fans de paris lancent
des chants quant la police, très nerveuse décide de mettre fin à cette mascarade en les poursuivant. Et nous ne sommes pas au bout des surprises. Miss C. et Mme Ma visitent la boutique et ramènent des programmes du match. Ma collection s'enrichit donc continuellement et éternellement n'en déplaise à certains. On se dirige vers la tribune away qui est facile à repérer, c'est l'unique voie d'accès protégé par les forces de l'ordre déployé en masse. On pénètre dans la zone de non droit et les ennuis commencent : le zélé qui met fouille me fait la totale mais j'ai échappé au doigt dans le cul car il y avait trop de monde. Palpations très précises, fouilles au corps, plus rien dans les poches, c'était limite attouchement mais ses mains n'étaient pas aussi douces que les coquinesque j'ai fréquentées mais le résultat aurait pu être gênant pour lui. Et ça continue, encore et encore, des chatouilles, toujours des chatouilles, heureusement que je ne suis point chatouilleux car sinon j'aurais eu le kiki tout dur. Il m'a fait ôté ma ceinture, ouvert le porte monnaie et comble de l'ironie, enlever mon cadenas fétiche. Après, je peux enfin rentrer dans le stade et là, dantesque déception, la tribune away, on dirait un petit camp retranché, il manque juste les barbelés comme à Auschwitz. Tout le monde disait que ce nouveau était une merveille mais ce n'est point le cas, le vaisseau spatial de l'extérieur se transforme non pas en carrosse comme la citrouille à minuit tapante mais en une baudruche qui se dégonfle. Bonal,  à côté reste un bijou. De plus, on constate dans la tribune beaucoup de touristes, d'ailleurs, il y en a de plus en plus car montré leurs cartes est une aubaine pour eux, ils sont sûrs de rentrer puisqu'ils vont voir qu'un seul match par an. Surtout un couple avec la femme en manteau léopard qui au début, c'était placé à notre droite. On tente de changer de place car la barre de soutien des filets fait une triple épaisseur, ce qui change considérablement la vision du terrain. Tentative vouée à l'échec car les meilleures places sont déjà prises. Hélas ! Comme dirait nos amis grecs. L'ambiance sera morose car les chants sont interdits because la grève illimitée des encouragements. Quand soudain, mon regard est attiré par l'entrée en scène de celui que je considère comme un chef potentiel des hools.  D'ailleurs, il n'est pas seul, ils sont venus à plusieurs. Comme quoi, ils aiment se battre mais ils apprécient un tant soit peu le football. Le résultat final est décevant car faire nul contre une pauvre équipe locale est indigne d'un prétendant au titre. Il ne faut plus se leurrer et se voiler la face, on possède un groupe moyen dans un championnat dominé par les gones cher à Christine, futur champion de France. A noter, la frange rigolade lorsque le speaker a voulu interviewé le presque buteur du match. Cette expression est amusante. En effet, il a eu une occasion franche à la dernière minute qui a, heureusement pour les parisiens vendangé. Et, la sempiternelle attente dès la fin du match commence, c'est pour notre sécurité. On s'assoit, et on refait le match, c'était nul (la suite est censuré mais cela pourrait commencé par merde ...). On quitte le stade mais on n'est pas encore au début des surprises : les forces de l'ordre nous ont fait une haie d'honneurs et on constate la présence d'une caméra qui filme tous les occupants de la tribune. Chacun y va de son stratagème pour éviter de passer à l'antenne : 1- on baisse sa tête, 2- on met la main furtivement devant ses yeux, 3- on met sa capuche. On a changé, nous ne sommes plus des fans de football mais des terroristes avec des idées d'attentas en Normandie. Les pauvres flics ne savent plus quoi inventés, ils sont à court d'idées, il faut juste signaler que la présence massive des forces de l'ordre ne sera jamais dissuasive car si émeute, il y a, jamais il ne seront assez nombreux.Bon, c'est presque fini, on quitte le stade, chacun insultant en son for
intérieur les flics, ma tirade préféré : « un bon flic est un flic mort ! » Comme disait le colonel Sherman sur les indiens. La voiture nous atteint au point de rendez vous convenu et sur le chemin, un groupe de totones parlent avec des pauvres filles au balcon, le boulet se mêle de leurs conversations et l'un d'eux a fait l'erreur qu'il ne fallait pas : au lieu de rembarrer
Mr Fa, il lance un timide «  allez l'omerde (dire le mot juste me fait
mal aux seins). » Et, Mr Cé, qui chacun le sait démarre au quart de tour,
répond à la provocation gratuite. « Qu’est qu’il y a, on es de Paris !  », tout cela en repoussant violemment son interlocuteur qui revient pour en découdre mais j'interviens en lui disant «  Dégage ou sinon. ». Apparemment, l'épisode de Nantes ne lui a pas servi de leçon, il faudrait qu'il calme sous peine un jour de faire le coup de poing, cela ne me gêne guère tellement j'ai participé à de multiples guérillas urbaines mais les autres, j'en doute. On file au restaurant comme prévu et malgré les erreurs de casting du chauffeur, on trouve une gargote accueillante à cette heure tardive car il faut grailler (désolé) avant de renter chez soi. La devanture du courte paille est charmante, tous ses néons qui flashent dans la nuit, c'est accueillant au détriment des serveuses qui ne valent même pas un caramel, elles sont tellement banales, voire moches qu'un bataillon de soldats en permission  n'en voudraient même pas ; quoique, si elles font des efforts ! On dîne néanmoins car la faim tiraille mon estomac et je ne peux pas attendre les prochaines 24 heures pour me mettre quelque chose de conséquent dans le ventre sous peine de tomber dans les vapes. Non, ce n'est pas possible, c'est comme pleuré, c'est interdit, il n'y a qu'une catégorie de personnes qui subisse ses contretemps et désolé, je n'en fais pas partie. Même, si le 22 décembre, j'ai failli tourner de l'oil mais juste failli.

Voilà, c'est fini comme disait la chanson et le prochain épisode nous emmènera du coté de Sté.
See You later.

 
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